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Assurance Emprunteur et agrégation bancaire : comment lever les derniers freins ?

Porté par un marché immobilier résilient en dépit de la crise sanitaire, le marché de l’assurance emprunteur a lui aussi bien résisté. Le niveau assez bas des taux a encouragé de nombreux emprunteurs à renégocier leur prêt. Dans ce contexte, les acteurs de l’assurance emprunteur se livrent une concurrence acharnée Pour autant, la demande de délégation d’assurance emprunteur reste complexe, freinant une majorité de consommateur a entamer les démarches ou pouvant déboucher à un refus pour les plus motivés ! Comment digitaliser la demande de délégation et simplifier les parcours ? On vous explique tout !

Les acteurs traditionnels font de la résistance

Le marché de l’assurance emprunteur est encore largement une chasse gardée des banques traditionnelles. En 2020, les acteurs historiques détenaient 85% du marché. Or, ces derniers ne se distinguent ni par l’expérience client ni par des tarifs avantageux. Le plus souvent, les emprunteurs les choisissent plutôt par facilité, pour s’épargner un comparatif des solutions, dans le contexte déjà fastidieux d’un projet immobilier. Depuis 2010, le législateur est intervenu à plusieurs reprises pour encourager l’ouverture à la concurrence du marché de l’assurance emprunteur.

Malgré ces mesures, la libéralisation du marché de l’assurance de prêt demeure incomplète. La délégation d’assurance, au moment de la souscription, est encore assez rare. La substitution d’assurance peut se faire durant la première année d’engagement (loi Hamon), puis ensuite à la date anniversaire de souscription (Amendement Bourquin). C’est là que les nouveaux acteurs du marché peuvent se poser en alternative et faire valoir une expérience client optimisée et une tarification plus avantageuse.

Cependant, la fenêtre de tir est limitée. En effet, les emprunteurs doivent respecter des délais de préavis pour résilier leur contrat. De plus, pour être valide, la substitution doit respecter l’équivalence des garanties. Compte tenu de ces conditions, il arrive que les acteurs historiques multiplient les prétextes pour refuser la substitution jusqu’à épuisement du délai légal.

En cours de discussion au Parlement, la résiliation à tout moment du contrat d’assurance emprunteur ouvrirait la porte à une concurrence saine et nos faussée entre tous les acteurs. Pour autant, observerait-on une ruée des emprunteurs vers les assureurs alternatifs ?

L’accès aux données bancaires lève les derniers freins

Dans un contexte concurrentiel assaini, les nouveaux acteurs du marché peuvent s’appuyer sur l’accès aux données bancaires pour offrir une expérience client personnalisée, contextualisée et optimale. En amont, ils peuvent ainsi prendre en charge les démarches de substitution. En effet, grâce à l’accès aux données bancaires de son client ou prospect, l’assureur peut recueillir directement ou déduire des informations sur le crédit en cours :

  • Montant des mensualités
  • Montant restant dû
  • Taux du prêt

Ces données facilitent la mise en place d’un nouveau contrat respectant l’équivalence des garanties, limitant ainsi les litiges avec l’assureur historique. En exploitant ces données, l’assureur accumule également de la connaissance client. Cette connaissance client simplifie le parcours de souscription en automatisant la procédure KYC et ouvre la voie à une personnalisation accrue des offres, tenant compte de la situation financière de l’emprunteur et des évolutions de son parcours de vie.

La confiance, le facteur clé de succès

Les bénéfices de l’agrégation sont évidents pour les professionnels de l’assurance emprunteur et pour les assurés eux-mêmes. Toutefois, le développement de l’agrégation bancaire suscite aussi des interrogations légitimes auprès du public. Ces freins concernent principalement l’accès et l’exploitation des données personnelles par les acteurs du marché. Certains consommateurs, surtout parmi les générations plus âgées, se méfient de l’utilisation qui pourrait être faite de leurs données personnelles. Ils se posent principalement les questions suivantes :

  • Mes données sont-elles en sécurité si je donne accès à mon assureur ?
  • Y a-t-il un risque de fuite de mes données ?
  • Ai-je la certitude qu’elles seront utilisées exclusivement pour un usage clair et précis ?
  • Mes données seront-elles revendues à des tiers ?

Les acteurs qui recourent à l’agrégation doivent se montrer transparents sur ces questions. Il leur appartient en effet de garantir la sécurité des données et de strictes conditions d’utilisation. C’est une question de confiance qu’il ne faut pas éluder. En outre, la motivation à recourir à un service basé sur l’agrégation repose aussi sur l’équilibre entre les bénéfices perçus et les « coûts » perçus. Les acteurs peuvent notamment insister sur les bénéfices induits par l’agrégation comme des économies conséquentes pour l’assuré et un parcours de souscription plus fluides.

Le marché de l’assurance emprunteur, malgré son potentiel financier, reste encore majoritairement à la main des acteurs traditionnels mais pour combien de temps ? L’accès réglementé aux données bancaires par des acteurs tiers agréés est une opportunité de taille pour les assureurs et courtiers en assurance. En intégrant la connaissance bancaire aux parcours de vente grâce à une solution digitale dédiée aux assureurs, les derniers freins s’estompent pour optimiser le taux d’acceptation des demandes de délégation par les banques traditionnelles et permettre aux assurés de faire des économies substantielles pour un même niveau de garantie.