L’Open Banking révolutionne le secteur financier et assurantiel. La digitalisation grandissantes des usages ainsi que les avancées technologiques poussées par les géants du web oblige les banques et les acteurs financiers à repenser leur écosystème pour détecter de nouveaux relais de croissance et maintenir leurs parts de marché. D’abord perçu comme une menace, l’Open Banking est en réalité une opportunité dont les assureurs traditionnels peuvent tirer profit en mettant en place la stratégie adéquate. Zoom sur la mutation de tout un écosystème !

Télécharger le livre blanc : L'analyse bancaire au service de l'assurance et des services financiers
Télécharger le livre blanc : "L'analyse bancaire au service de l'assurance"

Une place de marché des services financiers

L’écosystème financier devient une place de marché, entièrement ouverte et centralisée autour des banques traditionnelles qui se positionnent en tant que tiers de confiance. Les clients accèdent a plus d’offres qui peuvent être proposées par les acteurs traditionnels, les banques en ligne, les fintech ou encore les néo-banques. Le marché se trouve ainsi stimulé par une concurrence accrue. Loin d’être une menace, il s’agit d’une véritable opportunité pour les acteurs qui doivent répondre aux nouvelles exigences des clients en matière d’expérience, de fluidité des parcours et de rapidité à l’instar ce qui est proposé dans d’autres industries et où les GAFAM dominent largement.

L’impulsion des géants du web

Pour illustrer le propos, tournons-nous justement vers les innovations en matière de services de paiements initiés par les GAFAM1 aux Etats-Unis et en Asie, sources intarissables d’inspirations en ce qui concerne les initiatives disruptives.

Alipay créé dès 2004 par Alibaba Group : un système de paiement fonctionnant sur un QR Code. D’abord utilisé sur les plateformes e-commerces d’Alibaba pour faciliter les transactions, Alipay compte plus de 600 millions d’utilisateurs actifs sur le marché chinois et accélère son développement à l’étranger, notamment en France, pour permettre aux touristes chinois d’utiliser leur moyen de paiement favoris pendant leurs déplacements.

Alipay, une solution de paiement dématérialisé exploitant le QR Code
Alipay, une solution de paiement dématérialisé exploitant le QR Code

Apple lance dès 2014 son service de paiement dématérialisé « Apple Pay » : en partenariat avec les leaders des cartes bancaires (Visa, MasterCard et Amerian Express) et les grandes enseignes américaines (Subway, McDonald’s, Nike, Walt Disney…) qui seront les premiers à accepter les paiements Appel Pay pour permettre aux clients Apple de payer avec leur smartphone, tablette ou encore montre connectée… Aujourd’hui présent dans le monde entier, le géant américain représente 5% des transactions mondiales.

Et la liste ne s’arrête pas là puisque : Amazon Pay, facebook pay, Paylib, Revolut… la liste des services de paiements dématérialisés s’allonge en grignotant au passage des parts de marché aux acteurs traditionnels.

Applepay, une solution de paiement dématérialisé pour permettre aux clients Apple de payer avec leurs objets connectés
Applepay, une solution de paiement dématérialisé pour permettre aux clients Apple de payer avec leurs objets connectés

La création de partenariats stratégiques

Pour tenter de limiter l’hémorragie et surtout être en mesure de proposer le même niveau d’expérience à leurs clients, les acteurs traditionnels ont tout intérêt à tisser des liens avec les acteurs de la fintech et de l'insuretech.

Alors que les banques et assureurs bénéficient d’une base clients colossale et de solides capacités financières, elles peinent à innover à cause d’une infrastructure technique lourde, le fameux « legacy 2 ». De l’autre côté, les nouveaux acteurs de la fintech et de l'assurtech disruptent le marché en se spécialisant sur des offres de niches mais ont du mal à se faire connaître suffisamment pour «scaler3».

On voit donc de nouveaux partenariats se nouer permettant aux banques et assurances de déléguer les développements pour accélérer le time-to-market et aux acteurs tiers de bénéficier d’une réputation et d’une capacité financière beaucoup plus solide pour faciliter le passage à l’échelle. Il s’agit donc bien d’une relation gagnant/gagnant.

Si les stratégies sont identiques pour les banques et les assurances traditionnelles, le secteur bancaire est plus en avance. Et c'est plutôt normal puisque la réglementation DSP2 ne concerne pour le moment que les données bancaires. Pour autant, le secteur assurantiel va suivre la même trajectoire et se doit d'anticiper sur les usages à venir en s'inspirant du modèle financier en pleine mutation.

Pour illustrer ce propos, tournous-nous vers les partenariats mis en place par les acteurs de la finance avec notamment Crédit Mutuel Arkea qui s’est offert Leetchi, leader de la cognotte en ligne en Europe, MangoPay, solution de paiement dédiée aux acteurs de l’économie collaborative pour les places de marché et plateformes de financement participatif (crowndfunding) et enfin Budget Insight, solution d’agrégation de données bancaires.

Citons également le Groupe Casino, entré au capital de Bankin, ainsi que LyfPay, solution de paiement mobile.

Enfin, le Crédit Agricole a racheté Linxo, considéré jusqu’ici comme le dernier agrégateur français indépendant proposant des services d’agrégation de comptes et d’initiation de paiements.

Véritable enjeu stratégique à la fois pour les banques mais aussi pour les fintech, la signature de ce type de partenariat leur permet d’atteindre leurs objectifs tout en poursuivant leur croissance.



Les impacts de l’Open Banking commencent à se voir pour le consommateur final qui est de moins en moins frileux à l’idée d’utiliser de nouvelles solutions fournies par des acteurs spécialisés de la fintech et de l’assurtech. De nouveaux produits et services voient le jour et modifient irrémédiablement les habitudes de consommation et donc les attentes des consommateurs en matière d’innovation. A l’instar des services financiers, le secteur de l’assurance se doit d’anticiper sur les usages à venir en bousculant ses habitudes pour être plus en accord avec les nouvelles attentes des consommateurs.

1GAFAM - Le terme "GAFAM" est un acronyme des géants du Web pour Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Il s'agit des cinq grandes firmes américaines qui dominent le marché du numérique.

2Legacy - Le terme "legacy" fait référence à un système hérité, un logiciel ou un matériel obsolète encore utilisé. Le système répond toujours aux besoins pour lesquels il a été conçu à l'origine mais ne peut évoluer.

3Scaler - Le terme "scaler" est anglo saxon et peut être traduit par "échelle" ou "gamme". Très utilisé dans les entreprises, il refète la capacité d'une entreprise ou d'un logiciel à se déployer à grande échelle.