Les organismes de crédit contribuent à financer les projets des particuliers et des professionnels. A ce titre, ils jouent un rôle essentiel dans l’activité économique.

Sous l’effet de la transformation digitale, les métiers du crédit évoluent. Grâce à la data, la connaissance client progresse et les parcours clients s’accélèrent. L’entrée sur le marché d’acteurs en ligne et de concurrents hyper-spécialisés invitent les acteurs traditionnels à repenser leurs pratiques.

Dans cet article, nous vous présentons les mutations récentes des métiers du crédit. Nous verrons aussi comment les organismes de crédit peuvent profiter de l’open banking et de l’agrégation de comptes bancaires pour affiner leur scoring prospect / client et accélérer le traitement des demandes.

I. Les métiers du crédit, un paysage qui se transforme

1. L’organisme de crédit, un acteur essentiel de la vie économique

Le recours au crédit permet aux particuliers ou aux professionnels de financer leurs projets.

Le principe est connu. L’établissement met des fonds à disposition du demandeur, avec des taux et des conditions de remboursement qui lui sont propres.

En amont, évidemment, l’organisme de crédit étudie les demandes.

Un analyste crédit évalue les risques liés à l’octroi d’un crédit selon la stratégie commerciale et financière globale de l'établissement et la réglementation bancaire.

2. Les différents types et établissements de crédit

L’activité de crédit couvre aussi bien les besoins des particuliers que des professionnels. Il existe donc de nombreux types de crédit.

Pour les particuliers, les plus communs sont :

organismes de crédit

Les prêts professionnels rassemblent aussi différents types de crédits :

organismes de crédit et prêts professionnels

A la diversité des crédits répond aussi une variété d’acteurs du crédit :

organismes de crédit et agrégation

3. Les tendances du secteur : digitalisation et spécialisation

La digitalisation est à l’œuvre dans le secteur des organismes de crédit. Elle répond notamment aux besoins croissants d’immédiateté et d’autonomie des clients.

Ils peuvent ainsi initier leurs demandes de crédit en ligne. Le besoin est d’autant plus pressant que le boom des comparateurs de crédit les a rendus plus autonomes en amont, dans la phase de recherche d’information.

Quant à l’immédiateté ou, plus raisonnablement, la rapidité de traitement, c’est un enjeu majeur pour les organismes de crédit. En effet, l’octroi d’un crédit se fonde sur une analyse du profil et de la solvabilité du demandeur.

La digitalisation permet d’accélérer ce traitement. En effet, elle facilite le recueil de données sur le prospect. C’est un plus pour accélérer et affiner le profilage et le scoring des demandeurs.

En conséquence, les acteurs traditionnels du crédit, qui avaient souvent des processus longs, sont contestés par des acteurs proposant une expérience plus fluide et rapide, avec un parcours full digital.

" Aujourd’hui, tout s’aligne pour créer une expérience full digitale, fluide et agile de demande de crédit. "

Autre tendance du marché : une spécialisation croissante, qui est aussi le corollaire de cette meilleure connaissance client.

Ainsi, certains acteurs proposent désormais des solutions spécifiques pour des publics qui étaient souvent écartés du système de crédit.

Le microcrédit, par exemple, s’adresse notamment à des particuliers exclus du crédit bancaire classique. La fintech Mansa propose, de son côté, l’accès à un crédit en 48h pour les indépendants qui, jusqu’ici, peinaient à en obtenir.

II. Vers un parcours client full digital ?

La digitalisation des organismes de crédit a pris du temps en France. Il existait en particulier un frein réglementaire à un parcours de crédit full digital avec la loi Scrivener. Afin de lutter contre le surendettement des personnes physiques, la loi prévoyait en effet un délai de réflexion de 10 jours minimum, le cachet de la poste faisant foi.

Même si le délai persiste pour les crédits à la consommation et les crédits immobiliers de plus de 21 500€, le cachet de la poste n’est plus de mise, facilitant de fait la souscription des crédits en ligne.

La signature en ligne d’une offre de prêt a longtemps été un autre frein pour nombre de demandeurs. Mais là aussi, les habitudes évoluent et la pratique se normalise.

Aujourd’hui, tout s’aligne pour créer une expérience full digitale, fluide et agile de demande de crédit. D’autant que la demande de processus distanciés a augmenté en raison de la crise sanitaire.

1. Qualifier les dossiers clients en amont de la souscription

La réduction des délais est cruciale pour proposer une expérience client optimale dans le crédit. L’analyse des risques est évidemment la partie la plus chronophage.

Néanmoins, la digitalisation des process permet d’accélérer la souscription. En effet, grâce aux outils digitaux, il est désormais possible d’extraire des données clients facilement et d’entamer le scoring client très rapidement.

Par ailleurs, la constitution du dossier ne nécessite plus de multiples allers-retours avec le demandeur. L’accès aux informations se fait automatiquement. Les analystes peuvent ainsi se consacrer à leur cœur de métier.

2. Affiner et sécuriser les profils de risque grâce à la data

Évidemment, pour un organisme du crédit, le taux de recouvrement est un indicateur de performance essentiel. C’est la raison pour laquelle l’analyse de risque prenait autant de temps.

" Désormais, la data permet de sécuriser les profils de risque et d’évaluer avec plus de précision la solvabilité du client. "

Non seulement l’analyste se fonde sur les données du client mais il peut aussi les croiser avec des données sectorielles ou économiques pour accélérer sa prise de décision.

3. Enclencher une signature rapide avec la signature électronique

La digitalisation permet de centraliser aisément l’ensemble des documents dans un espace sécurisé. Une fois le dossier vérifié et validé par l’organisme de crédit, le client pourra valider sa souscription en ligne via un protocole de signature électronique.

III. L’agrégation de comptes, la solution pour accélérer le traitement des demandes de crédit ?

Vous l’aurez compris, l’enjeu est double pour les organismes de crédit :

organismes de crédit

Pour combiner ces deux exigences, l’agrégation offre de nouvelles perspectives.

En effet, le développement de l’open banking facilite l’accès des acteurs tiers aux données des établissements bancaires. L’agrégation permet aux organismes de crédit d’accéder aux données bancaires de leurs prospects et clients, d’agréger les données de comptes de différentes banques et, ainsi, de mieux évaluer leur solvabilité.

Pour obtenir ces données, il n’est plus nécessaire pour le demandeur de télécharger les documents. L’analyste crédit, de son côté, évalue instantanément les capacités de remboursement du client, sur la base de données avérées (et pas seulement déclaratives). Le scoring de crédit s’en trouve largement facilité.

En outre, l’agrégation permet d’accompagner le client tout au long de son parcours. En effet, l’organisme de crédit pourra par exemple réévaluer le montant des mensualités en fonction de la situation du client. Il pourra également faire du cross-selling en lui proposant des offres de crédit adaptées à ses moments de vie.

L’univers du crédit se digitalise. La crise sanitaire a renforcé les usages distanciés. La signature électronique entre dans les mœurs et la création de parcours full digital est désormais largement acceptée. L’open banking facilite l’accès des organismes de crédit à l’agrégation bancaire. Un atout de poids pour fluidifier les parcours et mieux maîtriser les risques.